Road trip Irlande 7 jours : Wild Atlantic Way et pubs légendaires - Photo par ready made
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Road trip Irlande 7 jours : Wild Atlantic Way et pubs légendaires

Pourquoi l’Irlande en road trip (et pourquoi 7 jours suffisent)

L’Irlande, c’est petit. Enfin, plus petit qu’on croit. Le pays fait à peu près la taille de la Bavière. Du coup, 7 jours c’est largement faisable pour voir les spots majeurs sans se taper 6 heures de volant par jour.

Pourquoi en voiture ? Parce que le train et le bus desservent les grandes villes, point. Tout le reste — les côtes déchirées, les routes de montagne, les villages paumés avec un pub et une église — c’est accessible qu’en bagnole. Et franchement, c’est là que la magie opère.

Le road trip Irlande 7 jours qu’on a fait couvre environ 1 600 km. Ça paraît beaucoup mais les étapes sont courtes (2-3 heures max de route par jour en général). Et les routes sont tellement belles que tu t’en rends à peine compte. Sauf quand un mouton décide de se poser au milieu de la R335. Là, tu t’en rends compte.

Sept jours, ça permet de faire Dublin, Galway, les Cliffs of Moher, le Connemara, le Ring of Kerry et la péninsule de Dingle. C’est un programme costaud mais pas dément. Tu cours pas. Tu profites.

Si t’as aimé notre road trip Écosse 7 jours, tu vas kiffer l’Irlande. C’est le même genre d’ambiance — verte, humide, chaleureuse — mais avec une énergie différente. Plus musicale. Plus bavarde. Plus… irlandaise, quoi (oui je sais, ça veut rien dire, mais tu comprendras sur place).

Jour 1 : Dublin — pubs, Guinness et vieilles pierres

Matin : Trinity College et le Book of Kells

Arrivée à Dublin. Récupère ta voiture de location à l’aéroport mais laisse-la au parking de l’hôtel. Pour Dublin, tu marches. Point final.

Direction Trinity College. Le campus est magnifique — ces bâtiments en pierre grise, les pelouses impeccables, l’ambiance « film anglais des années 50 ». Mais le vrai trésor c’est la bibliothèque et le Book of Kells. Ce manuscrit enluminé date du IXe siècle et il est juste dingue. Les détails, les couleurs… des moines ont passé des années là-dessus, à la bougie.

Billet : environ 18 €. Réserve en ligne, y’a la queue sinon. La Long Room de la bibliothèque — cette salle immense avec les bustes en marbre et les vieux bouquins — c’est un des endroits les plus photogéniques de Dublin. Et oui, ça ressemble à la bibliothèque de Poudlard (non c’est pas un hasard).

Après-midi : Guinness Storehouse et St Stephen’s Green

La Guinness Storehouse. Faut y aller. Même si t’aimes pas la bière. C’est un musée interactif sur 7 étages qui te raconte l’histoire de la Guinness depuis 1759. Le bâtiment en lui-même est cool — construit autour d’un gigantesque verre de pinte en verre.

Le ticket coûte autour de 26 € et inclut une pinte au Gravity Bar, tout en haut. La vue à 360° sur Dublin avec ta Guinness fraîche, franchement, ça vaut chaque centime. Petit tips : apprends à tirer ta propre pinte pendant la visite, tu repartiras avec un diplôme (oui oui, un vrai diplôme de tireur de Guinness).

Après ça, redescends vers St Stephen’s Green. C’est le poumon vert du centre-ville. Un parc victorien avec des canards, des fontaines, des gens allongés sur l’herbe quand il fait pas trop moche (donc environ 4 jours par an). Pose-toi un moment. Respire. La suite du trip va être intense.

Soir : Temple Bar

Ah, Temple Bar. Parlons-en.

Oui c’est touristique. Oui les pintes coûtent 30 % plus cher qu’ailleurs. Oui y’a des enterrements de vie de garçon anglais qui braillent dans la rue. Mais le quartier a quand même du charme, faut pas cracher dessus. Les façades colorées, la musique live qui sort de chaque porte, l’énergie du truc…

Mon conseil : fais un tour dans Temple Bar pour l’ambiance, prends une photo, bois un verre. Puis dégage vers un vrai pub dublinois. The Stag’s Head, Kehoe’s, Mulligan’s — c’est là que les locaux traînent. Musique trad, murs sombres, pinte à prix normal.

Premier soir en Irlande, première leçon : la Guinness ici, c’est pas la même que chez toi. Elle est plus crémeuse, plus douce, presque veloutée. Y’a pas de débat.

Jour 2 : Dublin → Galway, avec un détour par les ruines

Distance : ~250 km — 3h30 de route (avec l’arrêt)

Clonmacnoise — pause dans le VIe siècle

On quitte Dublin direction ouest. L’autoroute M6 est correcte mais ennuyeuse. Le truc intéressant c’est l’arrêt à Clonmacnoise, à mi-chemin.

C’est un ancien monastère fondé au VIe siècle, posé au bord du Shannon. Des croix celtiques sculptées, des ruines d’églises, des tours rondes. Le tout dans un paysage de tourbière avec le fleuve qui passe tranquillement. Entrée : environ 8 €. Prévois 1h-1h30.

Y’a un truc qui m’a frappé : le silence. On était quasi seuls. Pas de foule, pas de bruit. Juste le vent et ces pierres vieilles de 1 500 ans. Après l’agitation de Dublin, ça fait un bien fou.

Arrivée à Galway — la ville qui chante

Galway. Ma ville préférée en Irlande (et de loin).

C’est petit, coloré, vivant. Y’a de la musique partout — pas de la musique de fond, de la vraie musique live, dans les pubs, dans la rue, même dans certains restaus. Le Latin Quarter c’est le cœur de la ville. Quay Street, Shop Street, des rues piétonnes bordées de pubs et de boutiques.

Le soir à Galway c’est quelque chose. Tu te balades sur Quay Street, tu entends du fiddle qui sort d’un pub, tu rentres, y’a une session trad avec des mecs qui jouent comme si leur vie en dépendait. Tu commandes une pinte et t’es happé. C’est comme ça que ça marche ici.

À faire absolument :

  • Les huîtres de Galway. Sérieusement. Même si t’es pas fan d’huîtres, essaie. Chez McDonagh’s ou au Galway Bay Oyster Bar. Fraîches, iodées, avec un shot de Tabasco et un bout de citron. Accompagnées d’une Guinness, c’est un mariage parfait.
  • Spanish Arch — ce qui reste des remparts médiévaux, au bord de la rivière Corrib. Ambiance chill, gens assis sur les quais.
  • Juste se perdre dans les rues. Galway se vit au feeling.

Dors à Galway ce soir (et le lendemain aussi — c’est ta base pour les jours 3 et 4).

Jour 3 : Cliffs of Moher et le Burren

Distance depuis Galway : ~80 km — 1h30 aller

Les falaises qui t’arrêtent net

Les Cliffs of Moher. C’est LE spot. Celui que tout le monde connaît, même ceux qui savent pas placer l’Irlande sur une carte.

Et je vais être honnête : les photos rendent pas justice. Quand tu te retrouves face à ces falaises de 214 mètres de haut qui plongent dans l’Atlantique, y’a un truc qui se passe dans ton estomac. Un mélange de vertige et d’émerveillement. Le vent te pousse, les vagues s’écrasent en bas, les oiseaux tournent au-dessus… C’est grandiose.

Parking + entrée : environ 8 €. Arrive tôt (avant 10h) ou tard (après 16h) pour éviter les bus touristiques. L’Atlantic Edge & Buckle, le centre des visiteurs intégré dans la falaise, est vraiment bien fait — interactif, pas barbant.

Mon conseil : longe le sentier au sud des falaises. Après 500 mètres, les foules disparaissent et t’as les falaises pour toi. C’est aussi là que les vues sont les plus dingues (et qu’il y a pas de barrière, donc fais gaffe si y’a du vent).

Le Burren — un paysage d’une autre planète

Sur le retour, passe par le Burren. C’est un plateau calcaire qui ressemble à rien d’autre en Europe. Des kilomètres de roche grise, fissurée, avec des fleurs sauvages qui poussent dans les crevasses. On dirait la surface de la lune si la lune avait des orchidées.

Y’a pas grand-chose à « faire » au Burren. C’est plus un paysage à absorber. Arrête-toi, marche un peu, regarde. Les formations rocheuses sont fascinantes. Et au printemps, la combinaison fleurs arctiques + fleurs méditerranéennes dans le même champ, c’est un truc que les botanistes arrivent toujours pas à expliquer complètement.

Doolin — le village de la musique trad

Doolin, c’est trois pubs et une poignée de maisons. Mais c’est la capitale mondiale de la musique traditionnelle irlandaise (ils le disent eux-mêmes, et personne les contredit).

McGann’s, Gus O’Connor’s, MacDiarmada’s — chaque soir, session trad. Des musiciens locaux qui jouent du fiddle, du bodhrán, du tin whistle, de la flûte. Pas de scène, pas de micro. Ils s’installent dans un coin, ils jouent, les gens boivent et écoutent. C’est pur. C’est brut. C’est magnifique.

Si t’as le temps, prends le ferry depuis Doolin pour les îles d’Aran (Inis Mór). C’est une excursion d’une demi-journée qui vaut le détour — des paysages encore plus sauvages, un fort préhistorique au bord d’une falaise (Dún Aonghasa). Mais ça rallonge la journée.

Jour 4 : Galway → Connemara — le côté sauvage

Distance : boucle d’environ 150 km depuis Galway

Le Connemara. C’est là que l’Irlande devient vraiment sauvage.

Kylemore Abbey

Premier arrêt : Kylemore Abbey. Une abbaye néo-gothique au bord d’un lac, entourée de montagnes. Le reflet dans l’eau quand il fait calme, c’est une des images les plus connues d’Irlande. Et c’est justifié — c’est magnifique.

L’abbaye est toujours habitée par des sœurs bénédictines (depuis 1920). Visite intérieure possible, jardins victoriens aussi. Entrée : environ 16 €. Prévois 1h30-2h.

Anecdote rigolote : le château a été construit en 1868 par un riche marchand de Liverpool, Mitchell Henry, comme cadeau pour sa femme. Cadeau de mariage un peu excessif, non ? (J’ai offert un grille-pain à ma copine, elle a trouvé ça bien.)

Sky Road et Clifden

La Sky Road. C’est une boucle de 15 km au-dessus de Clifden qui porte bien son nom — t’as l’impression de conduire dans le ciel. La route monte, serpente, et d’un coup tu vois l’Atlantique en contrebas avec des îles éparpillées à l’horizon. Par temps clair (ça arrive, si si), c’est à couper le souffle.

Clifden, c’est la « capitale du Connemara ». Un village coloré avec des bons pubs et des restos de fruits de mer. Lowry’s Bar pour un déjeuner correct et pas ruineux.

Les poneys du Connemara

Quelque part sur la route entre Clifden et Galway, tu vas tomber sur des Connemara poneys. Ces petits chevaux robustes qui vivent en semi-liberté dans les tourbières. Ils sont là, tranquilles, au bord de la route, et ils te regardent passer avec un air de « ouais, et alors ? »

C’est pas un zoo. C’est pas mis en scène. Ils sont juste là parce qu’ils vivent là depuis des centaines d’années. Et ça rend le truc encore plus beau.

Le retour vers Galway passe par des paysages de tourbière, de lacs, de montagnes douces. Les Twelve Bens (les Douze Pins en français) dominent l’horizon. C’est austère, c’est nu, c’est splendide.

Jour 5 : Wild Atlantic Way sud — Westport et Achill Island

Distance : ~200 km — beaucoup d’arrêts

Aujourd’hui, on entre dans le vif du sujet : la Wild Atlantic Way. Cette route côtière de 2 500 km qui longe tout l’ouest de l’Irlande. On va en faire un bout.

Westport

Westport, c’est une des plus jolies petites villes d’Irlande. Rues arborées, architecture géorgienne, ambiance tranquille mais vivante. La rue principale (Bridge Street) est bordée de pubs colorés et de boutiques.

Matt Molloy’s — c’est le pub du flûtiste des Chieftains. Sessions trad quasi tous les soirs. La déco intérieure c’est un joyeux bazar d’instruments, de photos et de souvenirs musicaux. Commander un Irish coffee ici, c’est une expérience.

Achill Island

Achill Island. La plus grande île d’Irlande (reliée au continent par un pont, donc techniquement accessible en voiture). Et c’est un monde à part.

Des plages de sable blanc. En Irlande. Oui.

Keem Bay, c’est probablement une des plus belles plages d’Europe. Pas d’exagération. Une crique parfaite encadrée de falaises vertes, sable doré, eau turquoise (froide, hein, mais turquoise). Y’a eu des requins pèlerins dans cette baie. Des requins pèlerins. En Irlande.

La route vers Keem Bay est déjà un spectacle — étroite, sinueuse, vertigineuse. Si t’as peur du vide, agrippe le volant et regarde pas à gauche.

Doolough Valley

Le retour par la Doolough Valley. C’est un des paysages les plus dramatiques d’Irlande. Une vallée glaciaire encaissée, un lac noir, des montagnes qui plongent de chaque côté. Quasi personne. Quasi pas de réseau.

C’est aussi un lieu de mémoire : pendant la Grande Famine, en 1849, des centaines de personnes affamées ont marché dans cette vallée pour demander de l’aide. Beaucoup sont morts en chemin. Y’a un mémorial au bord du lac. C’est poignant.

L’Irlande, c’est ça aussi. Des paysages qui portent des histoires lourdes. Ça rend les choses plus profondes.

Jour 6 : Ring of Kerry — la boucle mythique

Distance : boucle d’environ 180 km depuis Killarney

Le Ring of Kerry. C’est le circuit touristique le plus connu d’Irlande. Une boucle de 180 km autour de la péninsule d’Iveragh. Et oui, c’est touristique. Et oui, ça vaut quand même le coup.

Le sens de la boucle

Petit truc à savoir : les bus touristiques font la boucle dans le sens anti-horaire. Donc fais-la dans le sens horaire pour les croiser de face plutôt que les avoir collés derrière toi. Pars tôt, genre 8h30.

Killarney National Park

Le point de départ c’est Killarney. La ville en elle-même est sympa mais très touristique (beaucoup de magasins de souvenirs « Irish » fabriqués en Chine). Le parc national, par contre, c’est une merveille.

10 000 hectares de lacs, de forêts, de montagnes. Certains des derniers chênes centenaires d’Irlande sont ici. Et des cerfs rouges. Et l’abbaye de Muckross au bord du lac, dans un cadre ridiculeusement beau.

Gap of Dunloe

Le Gap of Dunloe, c’est un col de montagne étroit entre les MacGillycuddy’s Reeks (le plus haut massif d’Irlande — essaie de prononcer le nom, c’est un défi). La route est minuscule. Genre, une voiture de large. En été, c’est fermé aux voitures sur une portion — tu peux le faire à pied, en vélo, ou en calèche.

Le paysage est dément. Des lacs en cascade, des rochers, des moutons perchés sur des pentes impossibles. Si t’as du bol et du soleil, les couleurs sont incroyables.

Ladies View

Ladies View, c’est un point de vue sur la route du Ring of Kerry qui donne sur les lacs de Killarney en contrebas. Le nom vient de la reine Victoria — ses dames d’honneur ont trouvé la vue tellement belle qu’elles ont fait arrêter la calèche. C’était en 1861. La vue a pas changé.

C’est un des arrêts photo obligatoires. Et pour une fois, la réalité dépasse la carte postale.

La journée est longue. Plein d’arrêts. Plein de « oh regarde ÇA ». Tu vas pas t’ennuyer.

Jour 7 : Péninsule de Dingle et retour

Distance : boucle Dingle ~50 km + retour vers Dublin ~350 km

Dernier jour. Un peu de mélancolie dans l’air (ou c’est juste la pluie, va savoir).

Slea Head Drive

La péninsule de Dingle, c’est le bijou caché de l’Irlande. Enfin, « caché »… y’a quand même du monde. Mais c’est moins bondé que le Ring of Kerry et, perso, je trouve ça plus beau.

Le Slea Head Drive, c’est une boucle de 50 km autour de la pointe de la péninsule. Falaises, plages, anciennes huttes en pierre (les beehive huts — des cabanes en pierre sèche qui datent de l’âge du bronze), et des vues sur les îles Blasket au large.

La route est étroite. Très étroite. Genre « je suis pas sûr que deux voitures tiennent côte à côte » étroite. Mais c’est le charme. Et les paysages compensent largement le stress de la conduite.

Fungie le dauphin — un héritage

Pendant des décennies, un dauphin solitaire nommé Fungie vivait dans la baie de Dingle. Il est devenu la mascotte du village. Les touristes venaient du monde entier pour le voir. En 2020, il a disparu. On l’a jamais retrouvé.

Fungie est toujours partout à Dingle — statues, peintures murales, noms de pubs. C’est touchant. Ce dauphin a fait vivre la ville pendant 37 ans. Les bateaux de « Fungie tours » existent toujours, reconvertis en tours d’observation marine. Tu verras peut-être des dauphins, des phoques, des oiseaux de mer. Pas Fungie, mais son esprit plane.

Connor Pass

Si la météo le permet (gros si), prends le Connor Pass pour quitter la péninsule. C’est le plus haut col routier d’Irlande. La route grimpe en lacets, les nuages sont en dessous de toi (oui, en dessous), et la vue sur les deux côtés de la péninsule est hallucinante.

Par temps de brouillard (fréquent), c’est flippant. Visibilité 20 mètres, pas de barrière, ravin des deux côtés. Choisis ton moment.

Retour vers Dublin

Le retour prend 4-5 heures par l’autoroute. C’est long mais c’est plat et facile. Mets de la musique irlandaise, repense aux 7 jours, et essaie de pas trop pleurer (je rigole. À peine).

Conduire en Irlande : à gauche, avec des moutons

OK. Parlons du truc qui stresse tout le monde. La conduite à gauche.

C’est vraiment si dur ?

Non. Et oui. Ça dépend.

Les 30 premières minutes, t’es crispé. Tu serres le volant tellement fort que tes doigts sont blancs. Tu déclenches les essuie-glaces au lieu du clignotant (le levier est inversé). Tu regardes du mauvais côté en sortant d’un parking. Classique.

Au bout de 2 heures, ça va mieux. Au bout d’une journée, c’est quasi naturel. Au bout de 3 jours, tu te demandes pourquoi on roule à droite chez nous.

Les ronds-points

C’est LE piège. En Irlande, les ronds-points se prennent dans le sens horaire (l’inverse de chez nous). La priorité est à droite. Enfin, à gauche. Enfin… la priorité est aux véhicules déjà dans le rond-point. Concentre-toi là-dessus et ça ira.

Les routes de campagne

Ah, les petites routes irlandaises. En théorie c’est des routes « deux voies ». En pratique, c’est une voie et demie. Parfois une voie. Parfois un chemin de chèvres avec du goudron dessus.

Quand tu croises une voiture en face, quelqu’un doit se ranger dans un « passing place » (un élargissement sur le côté). Les locaux font ça sans ralentir. Toi, tu vas ralentir. Beaucoup. Et c’est OK.

Les moutons sur la route

C’est pas une blague. Les moutons sont partout. Au bord de la route, sur la route, au milieu de la route. Ils s’en fichent royalement de ta voiture. Ils te regardent avec leurs yeux morts et ils bougent pas.

Klaxonne pas. Attends. Contourne doucement. C’est leur pays, t’es juste de passage.

Location de voiture

  • Réserve depuis Dublin Airport — c’est là que c’est le moins cher et le plus simple.
  • Prends une petite voiture. Les routes sont étroites. Un SUV c’est galère.
  • Boîte manuelle = moins cher mais le levier est à gauche. Automatique = plus cher mais un stress en moins.
  • L’assurance complète (CDW + super CDW) vaut le coup. Les routes sont étroites, les murets en pierre sont proches, les rétros en prennent un coup.
  • Budget : 35-60 €/jour selon la saison et le véhicule.

Les pubs irlandais : mode d’emploi

Le pub irlandais, c’est pas juste un bar. C’est un salon communautaire, une salle de concert, un bureau de poste informel et un cabinet de thérapie. Tout ça en même temps.

L’expérience du vrai pub

Oublie les « Irish pubs » de Paris ou Barcelone. Un vrai pub irlandais c’est souvent moche de l’extérieur, sombre à l’intérieur, et il sent un mélange de bière renversée et de tourbe qui brûle dans la cheminée. Et c’est exactement ce qu’il faut.

Le comptoir en bois patiné. Les tabourets hauts. Le barman qui connaît tout le monde. Le mec au bout du bar qui lit son journal depuis 3 heures. C’est ça, l’ambiance.

Les sessions trad

Le vrai trésor des pubs irlandais : la musique traditionnelle live. Ça s’appelle une « session ». Des musiciens locaux se retrouvent, s’installent dans un coin, et jouent. Fiddle, guitare, bodhrán (le tambour irlandais), tin whistle, accordéon, uilleann pipes (la cornemuse irlandaise, plus douce que l’écossaise).

Y’a pas de programme. Pas de billet. Pas de scène. Ils jouent, tu écoutes, tu bois. C’est informel, spontané, authentique. Et parfois, ça devient magique — quand tout le pub chante ensemble un vieux morceau que tout le monde connaît, t’as la chair de poule.

Les meilleurs endroits pour les sessions : Doolin, Galway, Dingle, Westport. Mais honnêtement, n’importe quel village peut te surprendre un soir.

Quoi boire

Guinness. La base. En Irlande, chaque pub tire sa Guinness différemment. C’est un sujet de débat national. La bonne Guinness est crémeuse, pas trop froide, avec un dôme de mousse blanc parfait. Demande « a pint of Guinness » et attends — le tirage en deux temps prend environ 2 minutes. Si le barman la tire en une fois, change de pub.

Murphy’s. L’alternative de Cork. Même style stout mais un chouïa plus douce. Les gens du sud te diront que c’est meilleur que la Guinness. Ils ont tort. Mais goûte quand même.

Whiskey irlandais. Note le « e » — les Irlandais tiennent à la différence avec le whisky écossais. Jameson, Powers, Redbreast, Bushmills. Le whiskey irlandais est généralement plus doux, plus fruité que l’écossais. Un Redbreast 12 ans, c’est une tuerie.

Irish coffee. L’original. Whiskey, café chaud, sucre brun, crème fraîche épaisse qui flotte sur le dessus. Tu bois le café à travers la crème. C’est le meilleur truc du monde quand il pleut et qu’il fait 8°C dehors (donc souvent).

L’âge légal

18 ans. Mais concrètement, si tu fais jeune, on te demandera une pièce d’identité. Les Irlandais sont stricts là-dessus. Carte d’identité ou passeport, c’est tout ce qui passe.

Manger en Irlande (c’est bien meilleur que tu crois)

Bon, la réputation culinaire de l’Irlande, c’est pas la France ni l’Italie. Mais surprise : on mange bien. Très bien, même, si tu sais où chercher.

L’Irish stew

Le plat national. Agneau (ou mouton), pommes de terre, carottes, oignons, bouillon. C’est simple, c’est rustique, c’est réconfortant. Chaque pub a sa recette et chaque Irlandais te dira que celle de sa mère est la meilleure. Le bon Irish stew, c’est celui qui te réchauffe de l’intérieur après une journée sous la pluie.

Le full Irish breakfast

Oh là là. Le petit-déj irlandais complet. Bacon, saucisses, œufs au plat, boudin noir (black pudding), boudin blanc (white pudding), tomates grillées, champignons, baked beans, toast. Et du soda bread. Et du beurre. Et du thé.

Tu vas pas manger avant 15h après ça. Mais c’est le meilleur carburant possible avant une journée de road trip.

Fish & chips

L’Irlande est une île. Le poisson est frais. Le fish & chips ici c’est du sérieux. Cabillaud ou haddock, pâte croustillante, frites épaisses, vinaigre de malt. Les meilleurs ? Dans les petits ports de pêche, genre Dingle ou Kinsale.

Seafood chowder

La soupe de fruits de mer irlandaise. Épaisse, crémeuse, pleine de morceaux de saumon, de morue, de crevettes. Servie avec du soda bread beurré. C’est le déjeuner parfait quand il fait pas beau (donc 80 % du temps). La meilleure que j’ai mangée : dans un petit café sans nom à Roundstone, dans le Connemara.

Soda bread

Le pain irlandais. Pas de levure — c’est fait avec du bicarbonate de soude (d’où le nom). Croûte épaisse, mie dense et légèrement sucrée. C’est le genre de pain qui accompagne tout : le stew, la soupe, le fromage, le beurre salé tout seul.

Budget détaillé pour un road trip Irlande 7 jours

L’Irlande, c’est pas donné. Faut être honnête. Dublin est cher, les pubs sont chers, l’essence est chère. Mais c’est gérable si tu planifies bien.

Tableau budget par jour (par personne)

Poste 🎒 Backpacker (60 €/jour) 🏨 Confort (120 €/jour) 💎 Luxe (250 €/jour)
Hébergement 20-25 € (auberge/camping) 50-60 € (B&B/Airbnb) 100-130 € (hôtel 4★/château)
Repas 20-25 € (courses + 1 pub meal) 35-45 € (restos midi et soir) 70-90 € (restos gastronomiques)
Voiture + essence 15-20 € (petite voiture, partagée) 25-30 € (voiture confort) 40-50 € (SUV ou automatique)
Activités/entrées 5-10 € (rando gratuite + 1 entrée) 15-20 € (visites, tours) 30-40 € (tours privés, expériences)
Pubs/boissons 5-10 € (2-3 pintes) 10-15 € (pintes + whiskey) 20-30 € (cocktails, whiskey rare)
Total/jour ~60 € ~120 € ~250 €
Total 7 jours ~420 € ~840 € ~1 750 €

Quelques prix concrets (2025-2026)

  • Pinte de Guinness : 5,50-7 € (Dublin) / 5-6 € (ailleurs)
  • Fish & chips : 12-16 €
  • Irish stew au pub : 14-18 €
  • Essence : ~1,70-1,90 €/litre
  • Lit en auberge : 20-35 €/nuit
  • B&B classique : 80-120 €/chambre double
  • Péage (M50 autour de Dublin) : 3,30 € (paiement en ligne, pas de cabine !)

Attention au péage M50 : y’a pas de barrière. C’est un péage électronique. Ta plaque est photographiée et t’as jusqu’à 20h le lendemain pour payer en ligne sur eflow.ie. Oublie pas, sinon c’est une amende.

Météo : la pluie, ta compagne de voyage

Parlons de l’éléphant dans la pièce. La météo irlandaise.

Il pleut. Beaucoup. L’ouest de l’Irlande reçoit 200-270 jours de pluie par an. C’est… beaucoup de pluie. Mais c’est pas la pluie parisienne déprimante qui dure toute la journée. C’est de la pluie irlandaise : des averses courtes, intenses, suivies d’un rayon de soleil, suivies d’une autre averse, le tout en 45 minutes.

Les Irlandais ont un dicton : « Si t’aimes pas le temps qu’il fait, attends cinq minutes. » Et c’est vrai. Tu peux avoir les quatre saisons dans une seule après-midi.

Ce qu’il faut emporter :

  • Une veste imperméable et coupe-vent. Pas un parapluie — le vent le retournera en 3 secondes.
  • Des couches. T-shirt + pull + veste. La température varie entre 8 et 18°C en été.
  • Des chaussures imperméables. Pas des baskets en tissu. Des vraies chaussures qui résistent à la boue.
  • De l’optimisme. Sérieusement. La pluie fait partie du charme. Les paysages sont verts parce qu’il pleut. Les arcs-en-ciel sont spectaculaires parce qu’il pleut. Les pubs sont pleins parce qu’il pleut. Accepte-le.

Meilleure période : mai-septembre. Juillet-août pour le plus de chances de soleil. Juin pour les journées les plus longues (il fait jour jusqu’à 22h30, c’est dingue). Mais même en plein été, prévois la pluie. Toujours.

FAQ — Road trip Irlande 7 jours

Quelle est la meilleure saison pour un road trip en Irlande ?

Mai à septembre. Le sweet spot c’est juin : journées longues, températures correctes (14-18°C), moins de monde qu’en juillet-août. Septembre c’est bien aussi — les couleurs d’automne commencent et les touristes sont partis. Évite novembre à février sauf si t’aimes conduire dans le noir sous la flotte (les jours sont très courts).

C’est vraiment compliqué de conduire à gauche ?

Les deux premières heures, oui. Après, ça va. Le piège c’est les ronds-points (sens horaire) et les intersections quand t’es fatigué. Mon conseil : prends une voiture automatique si tu peux. Ça enlève le stress du levier de vitesse à gauche. Et mets un post-it sur le volant « ROULE À GAUCHE » pour les premiers jours. C’est ridicule mais ça marche.

Combien de temps faut-il pour faire la Wild Atlantic Way en entier ?

La Wild Atlantic Way fait 2 500 km de Kinsale (sud) à la péninsule d’Inishowen (nord). En mode « je fonce », c’est faisable en 5-6 jours. Mais c’est absurde — tu verrais rien. Idéalement, 2 à 3 semaines. Notre itinéraire de 7 jours couvre un bon morceau de la portion la plus spectaculaire (Galway → Dingle).

L’Irlande c’est cher ?

Plus que l’Espagne ou le Portugal. Moins que la Norvège ou la Suisse. Dublin est cher (niveau Paris). Le reste de l’Irlande est plus abordable. Avec un budget backpacker serré (60 €/jour), c’est faisable. En mode confort (120 €/jour), t’es bien. L’astuce : mange dans les pubs le midi (pub lunch à 12-16 €, portions généreuses) et fais tes courses pour le petit-déj.

Est-ce que Dublin vaut le coup ou on fonce direct vers l’ouest ?

Dublin vaut au moins une journée complète. Le Book of Kells, la Guinness Storehouse, l’ambiance de Temple Bar le soir — c’est unique. Mais passe pas 3 jours à Dublin, t’aurais tort. Le cœur de l’Irlande c’est la côte ouest. Dublin c’est l’apéritif, la Wild Atlantic Way c’est le plat principal.

Y’a une limite d’âge pour entrer dans les pubs ?

18 ans minimum pour boire de l’alcool. Les mineurs accompagnés d’un adulte sont acceptés dans la plupart des pubs jusqu’à 21h (ça dépend de l’établissement). Pièce d’identité obligatoire si tu fais jeune. Le permis français marche mais le passeport c’est plus sûr.

Quel âge pour louer une voiture en Irlande ?

La plupart des loueurs demandent 21 ans minimum. Mais attention : si t’as entre 21 et 24 ans, y’a un surcoût « jeune conducteur » (environ 20-30 €/jour en plus). À partir de 25 ans, pas de souci. Certains loueurs montent jusqu’à 75 ans max. Permis français valable, pas besoin de permis international.

Est-ce qu’on peut faire du camping sauvage en Irlande ?

Techniquement, le camping sauvage n’est pas officiellement autorisé en Irlande. En pratique, si tu es discret, que tu plantes ta tente le soir et que tu pars tôt le matin sans laisser de traces, personne ne dira rien. C’est toléré dans les zones rurales et montagneuses. Les spots les plus cools : Connemara, péninsule de Dingle, Achill Island. Par contre, demande toujours la permission si tu es sur un terrain privé (la plupart des terres le sont). Les Irlandais diront presque toujours oui.

Faut-il réserver les hébergements à l’avance ?

En haute saison (juillet-août), oui, absolument. Les B&B et petits hôtels affichent complet dans les coins populaires comme Dingle, Killarney ou Galway. En basse saison, tu peux improviser — mais réserve quand même tes premières et dernières nuits pour être tranquille. Booking.com marche bien en Irlande, et les B&B non répertoriés en ligne existent encore (regarde les panneaux « B&B » sur le bord des routes).

Le réseau téléphone/internet est bon ?

En ville et sur les grands axes, oui. Dans le Connemara, la Doolough Valley ou certains coins de la péninsule de Dingle, c’est le néant. Pas de 4G, parfois pas de 3G. Télécharge tes cartes Google Maps en mode hors-ligne avant de partir. Sérieusement. Tu me remercieras au milieu du Connemara quand ton GPS dira « Pas de connexion ».

En résumé

Sept jours en Irlande, c’est pas assez. Mais c’est assez pour tomber amoureux.

Du premier matin à Dublin avec le Book of Kells aux dernières heures sur le Slea Head Drive avec l’Atlantique qui rugit. Des pintes de Guinness tirées avec soin aux sessions trad dans des pubs minuscules. Des falaises de Moher qui te coupent les jambes aux routes du Connemara qui te coupent le souffle.

Ce road trip Irlande 7 jours m’a laissé un goût de « pas fini ». De « faut revenir ». De « j’ai même pas vu le nord ». Et c’est peut-être le plus beau compliment qu’on puisse faire à un pays.

Le vieux bonhomme du pub avait raison. La Guinness, on la boit plus jamais pareil après l’Irlande. Et l’Irlande, on y revient toujours.

Sláinte. 🍀

Tu prépares un road trip dans les îles britanniques ? Lis aussi notre guide du road trip Écosse 7 jours — même durée, même ambiance, autre pays. Et pour choisir le bon moment, notre article sur la meilleure période pour un road trip t’aidera à trancher.

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